!css

L’Europe fait son retour

12/10/2021

Malgré l’incertitude économique dominante causée par la COVID-19, les marchés d’Europe de l’Ouest sont en train de se redresser. Société Générale Securities Services [SGSS] examine les principales évolutions en cours sur les plus grands marchés européens ainsi que certains des défis qu’elles posent aux investisseurs.

Par rapport à certains marchés frontières et émergents d’Europe centrale et orientale et d’Afrique, les performances enregistrées dans les économies matures d’Europe de l’Ouest restent modérées. Les taux d’intérêt ont continuellement baissé dans la région depuis la crise financière de 2008, la Banque centrale européenne (BCE) adoptant même désormais des taux négatifs1. Bien que les actions d’Europe de l’Ouest aient entamé une reprise après la COVID-19, le principal défi auquel sont confrontés les investisseurs institutionnels aujourd’hui réside dans le potentiel risque inflationniste. Malgré ces pressions, les investisseurs de la région bénéficient d’opportunités de taille.

Les actifs numériques, une opportunité dans l’attente

Les volumes de négociation d’actifs numériques, concernant notamment les crypto-monnaies et les StableCoins, ont augmenté de manière exponentielle2. Bien que les banques dépositaires cherchent à développer des solutions d’administration d’actifs pour soutenir les crypto-monnaies, le secteur semble particulièrement optimiste à l’égard des « security tokens » et des monnaies numériques des banques centrales [CBDC]. Mais de quoi s’agit-il ? Un « security token » est une unité numérique conférant ou représentant la valeur d’un actif sous-jacent comme une obligation, une action, un bien immobilier ou même une œuvre d’art. Ces « security tokens » pouvant être divisés en petites unités, ils sont moins chers à acheter, ce qui pourrait encourager une plus grande participation des particuliers sur les marchés illiquides. Ce phénomène pourrait alors contribuer à stimuler la liquidité de ces actifs peu négociés, tout en permettant aux investisseurs de diversifier leurs portefeuilles au-delà des actifs traditionnels. En raison des inquiétudes entourant la prolifération des crypto-monnaies non réglementées, plusieurs banques centrales à travers le monde [et en Europe de l’Ouest] sont en train de lancer des CBDC, une monnaie numérique qui est soutenue et émise par les banques centrales. Les banques centrales d’Europe de l’Ouest – dont la BCE – sont en train d’évaluer la viabilité de la mise en place de versions numériques de leurs monnaies. En cas de succès, les CBDC pourraient permettre d’accélérer les paiements et les règlements transfrontaliers. L’Europe de l’Ouest est largement considérée comme l’un des marchés les plus matures en matière de développement de « security tokens » / CBDC3.

En plus de proposer une réglementation raisonnable et proportionnée pour la supervision des actifs numériques [Règlement sur les marchés de crypto-actifs], les prestataires de services du continent réalisent également diverses démonstrations de faisabilité en analysant les applications du monde réel pour ces instruments. En partenariat avec Société Générale, la Banque européenne d’investissement [BEI] a émis une obligation numérique à deux ans de 100 millions d’euros, en recourant à la technologie blockchain publique à des fins d’enregistrement et de règlement. Dans le cadre d’un partenariat avec la Banque de France, les souscripteurs ont payé la BEI avec des CBDC. Plus récemment, Société Générale et sa filiale Société Générale Forge ont soutenu une opération de financement sur titres pour une obligation numérique émise – à l’aide de la blockchain – par un gestionnaire d’actifs allemand.

Bien que les volumes de transactions restent faibles chez certains des actifs numériques les plus institutionnels [p. ex. réglementés], l’appétit devrait s’accroître, dans la mesure où les investisseurs cherchent de nouvelles sources de rendement et de diversification.

L’harmonisation accélère le rythme

La réglementation joue un rôle essentiel pour stimuler l’afflux d’investissements vers l’Europe de l’Ouest. L’une des plus grandes barrières à avoir historiquement entravé les investissements transfrontaliers au sein de l’UE a résidé dans l’absence d’harmonisation réglementaire adéquate, en particulier dans les domaines liés au post-trade [c.-à-d. compensation et règlement. Depuis la crise financière de 2008, des efforts considérables ont été déployés pour normaliser un certain nombre de processus post-trade grâce à la réglementation. L’introduction du règlement sur les dépositaires centraux de titres [CSDR] a non seulement créé un cadre réglementaire commun pour la surveillance des DCT [dépositaires centraux de titres], mais aussi imposé un cycle de règlement T+2 glissant dans l’Union européenne, avant l’introduction de Target2Securities [T2S], le moteur de règlement de titres paneuropéen de la BCE. Des difficultés persistent néanmoins avec le CSDR. Afin de renforcer la discipline en matière de règlement, le CSDR appliquera un régime de discipline en matière de règlement [SDR], qui imposera des pénalités en espèces et des rachats obligatoires aux contreparties responsables de suspens à partir de février 2022. Même si le secteur soutient largement l’idée de sanctions en cas de défauts de règlement, une certaine appréhension se fait sentir à l’égard des rachats obligatoires pour les transactions non compensées, certaines contreparties, comme l’AFME [Association des marchés financiers en Europe], avertissant qu’elle pourrait augmenter les coûts et considérablement réduire la liquidité. Face à ces inquiétudes, l’Autorité européenne des marchés financiers [AEMF] a récemment écrit à la Commission européenne, l’exhortant à retarder l’imposition de rachats obligatoires en raison de l’incertitude persistante qui plane autour du régime. Toutefois, l’AEMF a déclaré qu’elle ne s’opposait aucunement à l’introduction d’autres éléments du régime SDR, notamment le reporting des défauts de règlement et les pénalités en espèces en cas de défauts.

De même, ledéploiement de la Directive relative aux droits des actionnaires 2 [SRD2], qui vise à promouvoir un meilleur engagement actionnarial et améliorer la transparence, marquera aussi potentiellement l’introduction de normes plus harmonieuses à l’échelle de l’UE pour les investisseurs institutionnels. Les dispositions de SRD2 prévoient notamment que les intermédiaires distribuent avec plus de fluidité les informations entre les émetteurs et les investisseurs, ce qui, selon les autorités de réglementation, permettrait aux actionnaires d’exercer plus facilement leurs droits. Un certain nombre de marchés ont déjà adopté les règles avec succès. Cependant, la mise en œuvre de la SRD2 au sein de l’UE s’est heurtée à des difficultés. Par exemple, les processus liés aux opérations sur titres, les pratiques relatives aux assemblées générales et les niveaux d’adoption de la norme ISO 20022 varient selon les pays de l’UE, entraînant des divergences dans la région. Outre le renforcement des droits des actionnaires, l’UE souhaite également promouvoir l’investissement ESG [intégrant les critères environnementaux, sociaux, de gouvernance]. Pour ce faire, elle a mis en place des obligations de déclaration d’informations relatives aux critères ESG pour les investisseurs institutionnels à la suite de l’adoption du règlement SFDR [Sustainable Finance Disclosure Regulation]. Elle dévoilera également une taxonomie décrivant les activités économiques qu’elle considère comme durables, procurant une base de référence ESG aux investisseurs. Dans la mesure où de plus en plus d’institutions prennent les critères ESG au sérieux, les nouvelles politiques de l’UE pourraient contribuer à accélérer l’investissement dans les actifs durables dans l’ensemble des États membres et au-delà.

Des marchés truffés d’opportunités

L’approche positive de l’Europe de l’Ouest vis-à-vis des actifs numériques ; l’investissement ESG et l’harmonisation post-trade placent cette région en très bonne voie. En collaborant avec des prestataires tels que SGSS qui sont en phase avec les nouvelles évolutions et disposés à accueillir le changement, les investisseurs et les intermédiaires seront bien placés pour suivre et tirer parti de la dynamique changeante qui traverse actuellement l’Europe de l’Ouest. En tant que premier fournisseur de services titres, SGSS présente un excellent historique de performance pour avoir participé à la défense de certaines initiatives de marché, en soutenant les intérêts des clients dans toute la région. SGSS a continuellement mis à jour ses systèmes et processus pour refléter les évolutions sur le terrain, tant en termes de réglementation que de fiscalité. Cela permet aux clients qui investissent en Europe de l’Ouest de le faire le plus facilement possible, avec un minimum de perturbations. Grâce à son large éventail de produits, SGSS est un guichet unique pour les investisseurs qui cherchent à renforcer leur exposition à l’Europe de l’Ouest.